Kawasaki ZX-9 R : l'essai complet
Ils avaient déjà revu leur copie une fois, sans trop de succès. On attendait donc la troisième mouture de cette ZX-9R avec curiosité. Mais cette fois, les ingénieurs Kawasaki ont enfin transformé leur essai. Plus convaincante, cette hyper sportive semble mieux armée que jamais pour se poser comme alternative à une concurrence qui se radicalise d'année en année. L'évolution de la Kawasaki est d'abord esthétique. Ses entrées d'air frontales et ses deux phares lui dessinent un faciès nettement plus original et agressif. Côté technique, on note une foule de retouches, dont les plus importantes concernent sa suspension arrière. Mieux amortie, plus douce à rythme normal, celle-ci procure à la ZX-9 R un confort de conduite appréciable tous les jours. Désormais plus prévisible dans ses réactions, elle peut aussi compter sur un moteur au caractère bien trempé. Rugueux, presque agressif, celui-là est digne de la réputation des "Kawa". Il est sans aucun doute le meilleur atout de cette moto. Certes un peu hésitant à bas régime, ce quatre cylindres commence à pousser pour de bon à 4 000 tr/min. Là, il déménage fort et se lance dans une ascension forcenée des graduations jusqu'à près de 9 000 tr/min. Ca décoiffe d'autant plus que le carénage ménage une protection limitée...
Délicate sur circuit
Rassurez-vous, ce caractère explosif n'a rien d'exclusif. La ZX-9R reste capable de tailler son bonhomme de chemin tranquillement, même si sa position de conduite fatigue à la longue. Douée d'un agrément de conduite au dessus de la moyenne hyper sportive du moment, elle marque là ses plus gros points face à la plupart de ses concurrentes. Modifiée au niveau du cadre (renforcé) et de la fourche (nouvelle géométrie), l'engin se montre maintenant plus sûr. Assez facile à inscrire en entrée de virage malgré son gabarit imposant, la Kawasaki profite d'un train avant rigide. Mais attention, sa suspension arrière dévoile une progressivité toujours un peu brutale à rythme sportif. Comprenez que sa tendance à se raidir, au passage d'une grosse bosse ou lors de la remise des gaz en sortie de virage, s'est atténuée sans disparaître complètement. On restera donc vigilant à son bord pour éviter de se faire trop secouer, et en prenant bien soin d'accélérer progressivement en sortie de virage afin d'éviter les dérobades du pneu arrière. Si pour cette raison elle reste délicate à mener sur circuit, cette nouvelle ZX-9 R est enfin devenue plus recommandable aux motards expérimentés. Elle propose sans aucun doute l'un des meilleurs cocktails sport/route du marché. Dommage que son prix, en proie aux humeurs du Yen, n'en fasse pas vraiment un cadeau.
Fiche technique
Moteur : 899 cm3, 4 temps, 4 cylindres en ligne, alésage 75,5 mm X course 50,9 mm, refroidi par eau, 2 ACT et 4 soup./cyl., 4 carburateurs diam. 40 mm, 6 vitesses, transmission par chaîne
Version française : puissance 106 ch. (78,2 kW) à 11 000 tr/min, couple 10,2 daN.m à 9 200 tr/min
Version libre : puissance 143 ch. (104,4 kW) à 11 000 tr/min
Partie cycle : cadre périmétrique alu, fourche inversée diam. 46 mm, mono-amortisseur AR, freins AV 2 disques diam. 310 mm / étriers 6 pistons - AR disque diam. 220 mm / étrier 1 piston, pneus AV 120/70 x 17 - AR 190/50 x 17
Gabarit :empattement 1 415 mm, chasse 97 mm / angle 24°, hauteur de selle 810 mm, réservoir 19 litres, poids à sec (usine) 183 kg / avec pleins (mesuré) 212 kg
Performances : (version française) vitesse maxi 247 km/h, accélération 400 m DA 11,2 s, conso moy. de l'essai 8,7 l./100 km